avril 2026

Après le rebond, le temps de la discipline

Le début du conflit a suivi un schéma désormais bien documenté : capitulation rapide, point bas atteint en quelques séances, puis rebond violent alimenté par un short squeeze mécanique qui a amplifié le mouvement bien au-delà des fondamentaux. Le marché a rebondi de +15% depuis ces plus bas et s’approche d’une première zone de résistance tactique à 7 300/7 400, que nous traitons comme un palier de distribution.

Nous allégeons méthodiquement, non par baisse de conviction sur le bull market de fond, mais parce que nous anticipons une correction intermédiaire de 15 à 20% vers 6 500 avant la reprise vers notre cible de fin d’année à 7 700. La saison de résultats apporte un soutien réel, mais les bonnes nouvelles sont désormais largement intégrées dans les valorisations et ne constituent plus, à elles seules, un moteur de re-rating additionnel.

Le catalyseur principal de cette phase corrective attendue reste la transition à la tête de la Réserve fédérale.

Dans l’écrasante majorité des cas depuis l’après-guerre, la prise de fonction d’un nouveau président de la Fed s’est accompagnée d’une correction significative dans les six mois suivants, le marché testant systématiquement le nouveau pilote via une hausse de la volatilité, une nervosité sur la courbe des taux et un élargissement des spreads de crédit.

La configuration actuelle amplifie ce risque structurel : le vote du FOMC d’avril à 8 contre 4, le plus fragmenté depuis 1992 avec trois dissidences hawkish, signale un comité divisé, et Kevin Warsh prendra ses fonctions dans un environnement de taux élevés, de pression politique explicite et d’un marché qui a déjà monétisé l’essentiel des bonnes nouvelles.

Ces éléments réunis font de la zone 7 300/7 400 un palier de distribution tactique, de la zone 6 500 un support cible de correction, et de la zone 7 700 l’objectif de normalisation réussie de la séquence Fed.

Ce scénario de stress intermédiaire trouve par ailleurs un appui dans deux facteurs de risque distincts dont la conjonction nous préoccupe.

Le premier est japonais : la dernière réunion de la Banque du Japon a révélé un comité plus divisé que prévu sur la poursuite de la normalisation monétaire, trois membres souhaitant une hausse immédiate et une décision en juin ne pouvant être exclue. Le risque n’est pas tant la trajectoire japonaise elle-même que sa transmission : premier créancier net mondial avec 3 600 milliards de dollars d’actifs étrangers, le Japon pourrait, en cas de raffermissement prononcé du yen, déclencher des rapatriements de capitaux aux effets de second tour significatifs sur l’ensemble des marchés internationaux.

Le second est géopolitique et énergétique : l’enlisement au Moyen-Orient, les tensions persistantes autour d’Ormuz et la guerre en Ukraine entretiennent un risque de choc sur les prix de l’énergie dont les conséquences inflationnistes restent imparfaitement intégrées dans les anticipations actuelles.

Pris ensemble, ces facteurs forment un mur d’inquiétudes capable de catalyser la correction que nous anticipons, sans remettre en cause le scénario de reprise qui suit.

C’est précisément ce cadre qui détermine notre positionnement : rester structurellement long actions US, mais piloter activement le risque autour de la séquence 7 300 → 6 500 → 7 700. Concrètement, cela signifie accepter le risque de drawdown intermédiaire, utiliser la zone actuelle pour renforcer les couvertures, disposer d’un plan prédéfini de réaccumulation sur faiblesse et concentrer le risque actions sur les poches où la micro demeure solide, leaders de l’intelligence artificielle, semi-conducteurs, software et infrastructure cloud, plutôt que sur le pur high beta.

En parallèle, le franc suisse reste la devise d’ancrage naturelle du portefeuille, et l’or conserve son rôle de protection stratégique dans l’allocation défensive : après un test de niveaux techniques importants, le métal pourrait traverser une phase de consolidation, mais la trajectoire des déficits et de la dette publique américaine milite pour en faire un socle de préservation du pouvoir d’achat sur les prochaines années.

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