En novembre, le marché actions a confirmé la tonalité de 2025 : des accès de nervosité fréquents, mais sans remise en cause du trend haussier de fond.
Le S&P 500 a perdu jusqu’à 6% par rapport à ses sommets d’octobre avant de se reprendre vivement lors de la semaine écourtée de Thanksgiving, pour finalement terminer le mois en légère progression autour de 0,4%. Il s’agit déjà de la septième correction d’au moins 3% cette année, preuve que ces à-coups font désormais partie intégrante du régime de marché actuel plutôt que le signe d’un changement de cycle.
Ce va-et-vient laisse des traces sur le moral des investisseurs, en particulier des particuliers. Les enquêtes de sentiment restent en zone négative, traduisant une perception de marché « fragile » et trop dépendant d’un petit nombre de grandes valeurs de croissance. Ce pessimisme persistant contraste toutefois avec la solidité des agrégats macroéconomiques et des résultats d’entreprises, ce qui plaide pour une lecture essentiellement comportementale de la baisse récente plutôt que pour un choc fondamental.
Sur le plan technique, les grands indices américains reviennent en zone survendue sur les indicateurs de court terme, avec des niveaux de RSI comparables à ceux observés autour des points bas d’avril qui s’étaient révélés, a posteriori, de bonnes fenêtres d’investissement. La dynamique hebdomadaire reste en revanche plus hésitante, ce qui rend plus probable un marché « heurté » dans les prochaines semaines, fait d’alternance de rebonds et de prises de bénéfices, plutôt qu’un retour immédiat et linéaire sur de nouveaux plus hauts.
La rotation sectorielle illustre bien cette phase de digestion. La technologie a concentré l’essentiel de la consolidation, avec des replis marqués, y compris sur certains leaders de l’IA pourtant auteurs de publications solides. En miroir, d’autres segments, valeurs industrielles, cycliques de qualité, styles plus « value » – ont commencé à mieux s’exprimer dans le rebond de fin de mois. Ce rééquilibrage, encore fragile, va dans le bon sens : il contribue à élargir une hausse jusqu’ici portée par un nombre restreint de titres.
Sur le front macro et monétaire, l’attention se tourne désormais vers la réunion de la Réserve fédérale de décembre. Le marché intègre une probabilité élevée d’une nouvelle baisse de 25 points de base, dans un contexte d’inflation qui se normalise et de marché du travail un peu moins tendu. Au-delà du geste lui-même, l’essentiel est que le cycle de hausse des taux est derrière nous et que la politique monétaire évolue progressivement vers un environnement plus porteur pour les actifs risqués.
Enfin, la configuration saisonnière reste un allié important. Historiquement, la fenêtre novembre–décembre figure parmi les plus favorables pour les actions, et les années marquées par une série de bons mois jusqu’en octobre se terminent souvent par une progression supplémentaire, même plus modeste. Combinés à des niveaux de liquidité encore élevés et à un scepticisme persistant, ces éléments créent un terrain propice à un rallye de fin d’année, à condition que le flux de données reste « suffisamment bon ». Dans ce contexte, nous continuons d’anticiper un marché chahuté mais orienté à la hausse d’ici la fin de l’année, avec un scénario central où le S&P 500 se rapproche d’une zone de 7 000 à 7 300 points à l’approche de 2026, les phases de repli offrant des points d’entrée pour renforcer sélectivement les expositions actions de qualité.